La liste des maladies pour titre de séjour en France détermine qui peut rester sur le territoire pour se soigner. Ce dossier détaille les pathologies reconnues, les critères d’évaluation de l’OFII et les démarches à suivre.
Un étranger gravement malade peut obtenir un titre de séjour en France, encadré par la loi Immigration et Asile et évalué par l’OFII. Ce guide présente les pathologies concernées, les conditions, les droits sociaux et les recours possibles pour obtenir ce titre de séjour en France.
À retenir :
- La liste officielle inclut maladies infectieuses, cardiovasculaires, métaboliques, hématologiques et psychiatriques graves.
- L’OFII vérifie trois critères cumulatifs : existence du traitement, accessibilité réelle et continuité des soins.
- Un refus ouvre des recours gracieux, hiérarchiques ou contentieux devant le tribunal administratif.
La loi Immigration et Asile encadre les conditions d’octroi du titre de séjour pour soins. Elle précise les critères que doit remplir le demandeur. Le texte renforce aussi les démarches administratives liées à ce parcours.
Santé publique France met à jour la liste des maladies à déclaration obligatoire. Cette liste inclut des pathologies virales comme le Mpox ou le virus du Nil occidental. Ces ajouts traduisent une vigilance renforcée en matière de santé publique.
Le service médical de l’OFII confirme son rôle central dans l’évaluation des dossiers. Il examine l’état de santé du demandeur et vérifie la disponibilité des traitements. Des mesures prises pendant la crise sanitaire du COVID-19 auraient facilité le séjour de certains malades, mais leur maintien actuel est non vérifiable sans source officielle récente.
Liste des maladies pour titre de séjour en France : catégories reconnues
Obtenir ce titre exige plus qu’un diagnostic grave. Le demandeur doit aussi démontrer l’impossibilité d’un traitement adapté dans son pays d’origine. Cette double exigence structure tout l’examen du dossier.
Santé publique France a enrichi sa liste de pathologies à surveiller. Des maladies émergentes comme le Mpox ou le virus du Nil occidental y figurent désormais. Ces ajouts renforcent la vigilance sanitaire sur le territoire.
L’avis médical de l’OFII est l’élément central de toute demande. Sans cet avis favorable, aucun titre ne peut être délivré par la préfecture.
Qui peut déposer une demande de titre médical ?
Pour bénéficier d’un titre de séjour pour raisons médicales, un étranger doit remplir plusieurs conditions précises.
- Avoir une résidence habituelle en France depuis au moins un an.
- Souffrir d’une maladie grave qui met en jeu son pronostic vital ou entraîne des conséquences sévères.
- Prouver l’absence réelle de traitement adapté dans son pays d’origine.
Cette exigence limite le tourisme médical. Elle garantit que les ressources de santé françaises profitent d’abord aux personnes déjà installées sur le territoire.
Quelles pathologies ouvrent droit à ce titre ?
Certaines maladies et certains handicaps permettent d’obtenir ce statut particulier. Découvrez les critères retenus et les démarches à accomplir pour en bénéficier.
Maladies infectieuses chroniques
Le VIH/SIDA, la tuberculose résistante et les hépatites chroniques B et C figurent parmi les pathologies reconnues. Ces maladies nécessitent des traitements complexes, indisponibles dans le pays d’origine.
Pathologies cardiovasculaires majeures
L’insuffisance cardiaque sévère, l’hypertension pulmonaire sévère et certaines cardiopathies congénitales exigent une prise en charge très spécialisée. Les patients concernés ont besoin d’un suivi cardiologique continu.
Maladies endocriniennes et métaboliques
Le diabète insulinodépendant et la mucoviscidose demandent des soins réguliers et avancés. Ces traitements sont difficiles à obtenir hors des pays dotés de systèmes de santé développés.
Affections de l’appareil locomoteur
La polyarthrite rhumatoïde sévère et certaines maladies dégénératives nécessitent des soins spécialisés intensifs. Le suivi médical conditionne la qualité de vie du patient.
Maladies hématologiques et oncologiques
Les leucémies, les hémophilies sévères et différents cancers exigent des traitements complexes. Ces thérapies manquent souvent dans le pays d’origine du demandeur.
Troubles psychiatriques sévères
La schizophrénie résistante aux traitements locaux et les troubles bipolaires graves peuvent justifier une demande de titre de séjour après évaluation approfondie. Chaque cas fait l’objet d’un examen individuel.
Maladies à déclaration obligatoire recensées en France

Certaines maladies doivent obligatoirement être signalées aux autorités sanitaires françaises. Santé publique France actualise régulièrement cette liste, qui comprend notamment :
- Maladies infectieuses : botulisme, brucellose, charbon, chikungunya, choléra, COVID-19, dengue, diphtérie, encéphalite à tiques, fièvres hémorragiques africaines, fièvre jaune, fièvre typhoïde, hépatite A aiguë, hépatite B aiguë, VIH, infection invasive à méningocoque, légionellose, leptospirose, listériose, orthopoxviroses (variole, Mpox), paludisme, peste, poliomyélite, rage, rougeole, rubéole, schistosomiase, Creutzfeldt-Jakob, tétanos, toxi-infections alimentaires collectives, tuberculose, tularémie, typhus exanthématique, virus du Nil occidental, Zika.
- Maladies non infectieuses : mésothéliome, saturnisme chez les enfants mineurs.
Démarches simplifiées et rôle de l’OFII
Les démarches pour obtenir ce titre de séjour sont plus claires. La réforme administrative facilite le parcours des étrangers ayant besoin de soins vitaux. Elle garantit aussi un contrôle strict de l’éligibilité.
Le service médical de l’OFII évalue avec précision l’état de santé du demandeur. Il confirme l’absence de traitements disponibles dans le pays d’origine. Cette évaluation conditionne la suite du dossier.
Une coordination existe avec les Agences Régionales de Santé pour traiter les cas urgents. Les préfectures s’appuient ensuite sur ces avis pour délivrer un titre fiable.
Cette organisation vise un équilibre entre accueil humanitaire, protection sanitaire et encadrement administratif strict.
Critères d’évaluation retenus par l’OFII
L’examen du dossier par l’OFII ne se limite pas à la gravité de la pathologie. L’élément décisif est l’absence d’accès effectif au traitement dans le pays de renvoi.
L’évaluation croise trois critères cumulatifs.
- Existence du traitement : le médicament ou l’acte chirurgical est-il disponible localement ?
- Accessibilité réelle : le coût des soins dépasse-t-il les revenus moyens, ou existe-t-il une prise en charge locale ?
- Continuité des soins : le système de santé local permet-il un suivi durable, avec approvisionnement stable et spécialistes présents ?
Une pathologie grave inscrite sur la liste ne garantit pas le titre. Le préfet peut refuser si un dispositif d’assistance médicale existe dans le pays d’origine, sauf preuve contraire du demandeur.
Déposer une demande de titre de séjour médical
Le demandeur fournit un certificat médical précis, établi par un médecin agréé. L’OFII examine ensuite le dossier pour confirmer l’indisponibilité du traitement. Le préfet prend la décision finale après l’avis médical rendu.
Une personne atteinte d’une leucémie aiguë doit présenter des documents confirmant l’absence de traitement adapté dans son pays. Elle doit aussi prouver une résidence continue en France.
Rôle des autorités sanitaires
L’OFII et les Agences Régionales de Santé vérifient l’authenticité des dossiers et la gravité des cas. Elles contrôlent aussi l’indisponibilité réelle des traitements à l’étranger.
Documents nécessaires à une demande complète
Une demande solide réunit plusieurs pièces essentielles.
- Des attestations confirmant l’absence de traitement dans le pays d’origine.
- Un certificat médical détaillé rédigé par un médecin agréé.
- Des preuves de résidence habituelle en France.
Pour engager ce parcours, il faut d’abord déposer une demande de titre de séjour complète auprès de la préfecture compétente.
Droits sociaux liés au titre médical
Une fois le titre obtenu, l’étranger accède à des droits sociaux fondamentaux. Ces droits sécurisent sa présence et son traitement sur le territoire français.
La régularisation permet l’affiliation à l’Assurance Maladie via la PUMa, la Protection Universelle Maladie. Ce dispositif couvre les soins lourds nécessaires au traitement de la pathologie.
Selon ses ressources, le bénéficiaire peut aussi prétendre à la Complémentaire Santé Solidaire. Cette couverture limite le reste à charge sur les frais médicaux.
Au-delà des soins, ce titre ouvre des droits auprès de la CAF pour certaines aides au logement. Ces aides facilitent l‘intégration de la personne sur le territoire.
Les démarches administratives post-obtention doivent être engagées rapidement. Elles activent ces droits sans délai supplémentaire pour le bénéficiaire.

Refus du titre médical : preuves et recours
L’obstacle principal est l’indisponibilité du traitement adapté dans le pays d’origine. Un avis médical défavorable de l’OFII peut entraîner un refus du préfet.
Dans ce cas, le demandeur doit fournir des preuves solides. Des attestations d’organisations internationales ou des rapports sur le système de santé local renforcent la contestation.
Plusieurs recours existent après un refus notifié. Le recours gracieux s’adresse directement au préfet. Le recours hiérarchique vise le ministre de l’Intérieur, dans les deux mois suivant la notification.
Le recours contentieux devant le tribunal administratif est l’approche la plus efficace. Il nécessite généralement l’assistance d’un avocat spécialisé en droit des étrangers.
Ce recours permet de contester la légalité de l’avis de l’OFII et la décision préfectorale. Connaître ces démarches légales garantit la continuité des soins vitaux du demandeur.
Jurisprudence et élargissement de l’accès au titre
Une décision du Conseil d’État modifie l’accès au titre de séjour pour soins. Elle concerne les étrangers déjà protégés dans un autre pays de l’Union européenne. Les références précises de cette décision sont non vérifiables à ce jour sans source officielle disponible.
Le Conseil d’État reconnaît que ces personnes peuvent rencontrer des besoins médicaux non couverts dans leur pays de protection initial. Cette évolution oblige l’administration française à examiner les demandes plus largement.
Elle tient compte de la situation médicale et humanitaire de chaque candidat. Elle confirme aussi que la protection humanitaire ne s’arrête pas au premier pays d’accueil européen.
Certains réfugiés ou bénéficiaires d’une protection internationale peuvent ainsi obtenir un titre de séjour pour raisons médicales. Ce droit leur donne accès à un suivi médical complet en France.
Coût du dispositif et débat parlementaire
Le coût des titres de séjour médical a fait l’objet d’échanges à l’Assemblée nationale. Les dates précises de ces échanges sont non vérifiables sans source officielle disponible.
Des interrogations ont porté sur l’augmentation des dépenses publiques liées à ces titres. Cette hausse suit la progression du nombre de demandes déposées chaque année.
Le gouvernement a détaillé les dépenses administratives et les délais d’instruction des dossiers. Ces délais peuvent ralentir l’accès aux soins pour certains bénéficiaires.
Ces échanges parlementaires montrent l’importance budgétaire du dispositif. Ils rappellent aussi la nécessité d’un traitement juste pour les étrangers concernés, y compris lors du renouvellement du titre de séjour initial.
Au-delà du cadre légal français, certains patients étrangers envisagent un séjour temporaire pour se faire soigner sans demander de régularisation durable. Ce choix relève du tourisme médical déjà évoqué, soumis à des règles distinctes du titre de séjour médical. Une fois le titre obtenu, certains demandeurs engagent aussi des démarches de régularisation administrative complémentaires pour stabiliser leur situation globale. Avant toute décision préfectorale, le passage par la visite médicale de l’OFII conditionne systématiquement la suite du dossier.
